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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 10:19

Droite, gauche, FN : pourquoi ils sont tous perdants

Bredouille, le Front national n'arrive toujours pas à s'imposer dans un scrutin majoritaire. La gauche voit son nombre d'élus se réduire de moitié. La droite, quant à elle, va au devant d'importants remous internes.

Le second tour des élections régionales a-t-il vraiment désigné un vainqueur ? Après le verdict des urnes, aucun des trois blocs politiques qui structurent désormais la vie politique n'a de quoi fanfaronner. La droite, dont la grande victoire annoncée a été sérieusement amputée, va au devant d'importants remous internes. La gauche, rayée de la carte dans deux régions, voit son influence s'amenuiser. Quant au Front national, qui nourrissait de grands espoirs, il repart bredouille.

Zéro région pour le FN

Marine Le Pen espérait gagner quatre régions, et pensait en particulier pouvoir s'emparer facilement du Nord-Pas-de-Calais-Picardie et de Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'était compter sans la décision du PS de retirer ses candidats, et d'appeler à voter pour la droite. Une stratégie de barrage qui a fonctionné au-delà de ce que prévoyaient les sondages. Même en triangulaire, le parti frontiste, pourtant en tête au premier tour, arrive loin derrière la droite en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. Il ne dirigera donc aucune région.

Paradoxalement, le parti de Marine Le Pen a battu lors de ce second tour son record absolu en termes de nombre de voix (près de 7 millions). Mais le rejet que suscite l'extrême droite dans l'opinion l'empêche de convertir ces bons résultats en victoires électorales au scrutin majoritaire. Le zéro pointé observé aux départementales se reproduit aux régionales. Ces résultats laissent penser que si Marine Le Pen peut aisément atteindre le second tour de la présidentielle en 2017, elle est encore loin d'accéder à l'Elysée. Selon un sondage Harris Interactive (PDF) publié dimanche soir, elle serait ainsi battue dans tous les cas de figure testés, par François Hollande comme par Nicolas Sarkozy ou par Alain Juppé.

Une gauche qui pèse moins d'un tiers des voix

Avec le gain de cinq régions métropolitaines sur treize, la gauche sauve l'honneur, et fait même un peu mieux qu'espéré avant le scrutin. Mais ce bilan flatteur cache une faiblesse chronique : au second tour, moins d'un électeur sur trois a glissé un bulletin PS dans l'urne. De plus, conséquence des résultats désastreux du premier tour et de la décision de faire barrage au FN, la gauche disparaît de Provence-Alpes-Côte d'Azur, mais surtout du Nord-Pas-de-Calais-Picardie, qui était l'un de ses fiefs.

Entre les scrutins de 2010 et de 2015, la gauche voit son nombre d'élus régionaux divisé par deux.

Après la raclée des municipales en 2014, puis celle des départementales au début de l'année, son ancrage territorial devient de moins en moins évident. Dans certains départements, comme le Var, la gauche est quasiment rayée de la carte. Des signes inquiétants à moins de deux ans de la présidentielle.

S'il veut se qualifier pour le second tour, François Hollande devra non seulement bénéficier d'une configuration politique favorable mais surtout remobiliser l'électorat de gauche.

Une droite qui commence déjà à se déchirer

Les résultats du second tour sont décevants pour la droite. Bien qu'ayant remporté sept régions sur 13 en métropole, dont la puissante Ile-de-France, elle est loin de triompher comme l'avait fait la gauche en 2004 puis en 2010 en remportant 21 régions sur 22. En outre, elle ne doit ses victoires en Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Nord-Pas-de-Calais-Picardie qu'au retrait de la gauche dans ces régions.

Surtout, ce dernier rendez-vous électoral – manqué – avant la présidentielle de 2017 sonne le début des hostilités en vue de la primaire de la droite, qui désignera en novembre 2016 son champion pour l'Elysée. Les rivaux de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon en tête, ont pris la parole dès dimanche soir pour attribuer de façon plus ou moins explicite au patron des Républicains la responsabilité de cette fausse victoire. D'ores et déjà, l'insoluble débat sur la ligne politique du principal parti de droite promet de faire rage.

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  • : Prévention et santé.Insertion de personnes en détresse sociale. Intervenant sur les problèmes d'addictologie.(alcool, drogue) Photographe amateur. Membre du bureau départemental et national fédération UDI de la Somme Vice Président de la Croix Rouge locale de Ham (80)
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