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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 06:28

François Bayrou, un ralliement à Macron pour quelle contrepartie?

PRESIDENTIELLE Le président du Modem a « décidé de faire à Emmanuel Macron une offre d’alliance »…

François Bayrou annonce qu'il ne se présentera pas à l'élection présidentielle, le 22 février à Paris.
François Bayrou annonce qu'il ne se présentera pas à l'élection présidentielle, le 22 février à Paris. - Christophe Ena/AP/SIPA
  • l n’y aura pas de quatrième campagne présidentielle pour François Bayrou. Le maire de Pau et président du Modem a préféré proposer une alliance à Emmanuel Macron, pour mettre en œuvre « le projet de dépassement des clivages ». Bayrou a avancé quelques conditions à son soutien, notamment une loi de moralisation de la vie publique et de lutte contre les conflits d’intérêts, ainsi que la proportionnelle au Parlement.

>> A lire aussi : Emmanuel Macron «accepte l'alliance proposée par François Bayrou»

Cet abandon, alors qu’il avait fait monter la pression sur son éventuelle candidature depuis que François Fillon est dans la tourmente, n’est pas étonnant pour le politologue Stéphane Rozès, président de CAP (Conseil, Analyse et Perspective), car il partage avec l’ancien ministre de l’Economie le même espace politique : « François Bayrou a fait le constat que Macron occupe déjà son créneau idéologique, synthèse du souci social de la gauche et de la compétitivité économique de la droite ».

Face à des sondages peu réjouissants, François Bayrou a donc choisi de négocier avec Emmanuel Macron, qu’il a rencontré la semaine passé. Mais les exigences officielles du Béarnais ne seraient pas ses seules demandes : selon Le Point, Bayrou a demandé de lui garder un certain nombre de circonscriptions en vue des élections législatives en juin, afin de reconstituer un groupe à l’Assemblée nationale (il faut au moins 15 députés). Le candidat d’En Marche a refusé de s’engager sur le moment, rapporte l’hebdomadaire.

« Négocier quelques investitures »

« Certains ont rejoint Macron par conviction, comme Corinne Lepage, et d’autres plutôt par opportunisme, comme François De Rugy, car ils escomptent le moment venu négocier quelques investitures », glisse Stéphane Rozès. L’unique député Modem restant, le Réunionnais Thierry Robert, a lui-même rejoint Macron début février. « Ces choses-là se négocieront plus tard, mais Bayrou espère peut-être qu’En marche ! le soutienne localement au moment des législatives, à défaut de rejoindre lui-même le mouvement ». Le député de Seine-et-Marne et vice-président de l’UDI Yves Jégo a lui avancé, dès l’annonce du renoncement du centriste, la possibilité qu’il cherche à négocier le poste de Premier ministre.

Lors des précédentes présidentielles, Bayrou a à chaque fois tenté de jouer de son positionnement à mi-chemin entre gauche et droite, sans en retirer un bénéfice politique. En 2002, pour sa première campagne, il recevait 6,84 % des voix et demandait à Jacques Chirac de former une large coalition. Refus du président qui entamait alors son second mandat et avait préféré siphonner une partie des députés UDF rejoignant la toute nouvelle UMP. Mais le parti du Béarnais avait conservé un groupe parlementaire jusqu’en 2007.

Depuis sa création, le Modem n’a jamais eu plus de trois députés

En 2007, alors qu’il enregistre 18,57 % des suffrages, son refus de trancher au second tour entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, qu’il avait côtoyé dans le gouvernement Balladur entre 1993 et 1995, lui coûta une nouvelle traversée du désert, l’UMP et le Nouveau centre d’Hervé Morin accueillant les députés centristes déçus par la stratégie d’opposition au président Sarkozy. Le Modem qu’il venait de créer n’avait pas pu constituer de groupe parlementaire à l’issue des législatives de 2007.

Enfin, en 2012, le choix historique pour un candidat du centre d’apporter son vote à un candidat de gauche, François Hollande pour le second tour contre Nicolas Sarkozy, ne lui a pas été pardonné par la droite, sauf Alain Juppé, qui disait en octobre vouloir « tourner la page » de cet épisode. Résultat : le Modem ne s’en est pas remis et n’a pas réussi non plus aux législatives 2012 à constituer un groupe à l’Assemblée nationale. Le ralliement à Emmanuel Macron pourrait permettre à François Bayrou d’avoir quelques garanties pour les prochaines législatives, dix ans après la création du parti.

 

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  • : Prévention et santé.Insertion de personnes en détresse sociale. Intervenant sur les problèmes d'addictologie.(alcool, drogue) Photographe amateur. Membre du bureau départemental et national fédération UDI de la Somme Vice Président de la Croix Rouge locale de Ham (80)
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