En meeting à Pertuis (Vaucluse) le 15 mars 2017, François Fillon s'est présenté comme un «combattant balafré».
En meeting à Pertuis (Vaucluse) le 15 mars 2017, François Fillon s'est présenté comme un «combattant balafré». - Franck PENNANT / AFP
 

« Je reviens de loin. Je suis comme ces combattants balafrés qui n’ont pas appris la vie dans les livres. » Opération tire-larmes pour François Fillon, mis en examen à 40 jours de l’élection présidentielle, qui a réaffirmé mercredi son « innocence », repartant au combat en se disant décidé à « ne pas baisser la tête devant les balles » de ses adversaires, lors d’un meeting à Pertuis (Vaucluse).

« Me voici parmi vous, bien décidé à vaincre et à parler fort », a lancé le candidat de la droite, devant environ un millier de personnes, déterminé à intensifier sa campagne : jeudi, il se rendra à Caen (Calvados), avant des déplacements prévus notamment à Biarritz, Nantes et Tours.

« Je n’ai pas fait les grandes écoles, je n’ai pas été banquier »

« Ces dernières semaines, on a mis à l’épreuve ma vie. Je dis aux Français : jugez-moi sur mon parcours. Je n’ai pas fait les grandes écoles, je n’ai pas été banquier », a-t-il ajouté, dans une allusion à Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires, que les sondages placent actuellement en position de l’éliminer et de disputer le second tour de la présidentielle avec Marine Le Pen.

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« J’ai pu faire des erreurs, mais qui n’en a pas fait ? Ceux qui n’ont jamais fait d’erreurs ne sont pas nécessairement les êtres les plus justes et les plus solides », a insisté François Fillon. Invité de Radio Classique avant son déplacement dans le Vaucluse, il s’était de nouveau dit « convaincu que la justice, même si ça prendra du temps, établira [son] innocence ».

« Eh bien moi, j’ai décidé de résister »

Evoquant les soupçons d’emplois fictifs qui lui ont valu sa mise en examen, François Fillon a répété que son épouse avait travaillé avec lui « pendant des années comme c’est le cas (pour des) centaines et des centaines de parlementaires dans le passé et en ce moment même », et il a invoqué de nouveau « l’instrumentalisation » de la justice.

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« L’objectif, a-t-il dit, c’était de m’empêcher d’être candidat et si possible de faire en sorte avec ce calendrier diabolique, ma mise en examen deux jours avant la clôture des candidatures à l’élection présidentielle », « que la droite et le centre n’aient pas de candidat ».

« Eh bien moi, j’ai décidé de résister, je considère que ce calendrier exceptionnel, qui n’est pas celui d’un justiciable normal, me délivre de l’engagement que j’avais pris (le 26 janvier) de ne pas être candidat » en cas de mise en examen, a-t-il ajouté.