Jean-Luc Mélenchon à Lille, le 12 avril 2017.
Jean-Luc Mélenchon à Lille, le 12 avril 2017. - Philippe HUGUEN / AFP
 

« Si vous élisez ces trois-là, vous allez cracher du sang ». Galvanisé devant des milliers de personnes réunies à Lille, Jean-Luc Mélenchon s’est montré offensif mercredi soir, en adressant notamment une longue mise en garde contre ses principaux adversaires pour la présidentielle Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen.

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Parlant d’eux avec un « ils » général, le candidat de La France insoumise a longuement expliqué à ses partisans vouloir les « mettre en garde pour que vous compreniez la catastrophe qu’ils sont en train d’organiser ». Leur calcul, a-t-il jugé, c’est « l’ubérisation généralisée », soit selon lui, « le Moyen-Age ».

« Je veux vous mettre en garde pour que vous compreniez la catastrophe qu’ils sont en train d’organiser », a poursuivi le candidat, affirmant porter « un discours moral sur la vie : nous ne sommes pas d’accord pour que le principe ce soit : "accumule tant et plus, profite et tais-toi" ! ». Il a également reproché à ses concurrents leur « indifférence en béton armé à la nature », estimant que c’est parce qu’aucun d’entre eux ne prévoit de sortir du nucléaire alors que lui a mis cette mesure au cœur de son programme.

« J’ai rendu ma carte pour rester fidèle à mon idéal, lui pour aller à la banque Rothschild »

Emmanuel Macron, qui avait reproché au candidat de La France insoumise d’avoir été déjà « sénateur socialiste » quand il était lui-même « au collège », a eu droit à une charge personnalisée : « Je suis déçu, je me disais "cet homme est intelligent, il a fait des études tout ça" », a commencé ironiquement Jean-Luc Mélenchon, rappelant que l’ancien ministre de l’Économie avait « gagné 30 millions en vendant une boîte ». « La différence d’âge n’est pas un argument pour se mépriser », a tancé le candidat.

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Puis, celui qui est désormais en troisième position dans les sondages a rappelé qu’à un moment, Emmanuel Macron et lui-même avaient été « sur la même ligne de départ ». « C’était en 2008 et on portait tous les deux une carte du PS dans la poche : moi, j’ai rendu ma carte pour rester fidèle à mon idéal et reprendre le combat, notamment avec les communistes, j’avais 57 ans ». « Et lui en avait 31, il a rendu sa carte pour aller à la banque Rothschild ! ».

« Voilà, Monsieur Macron, je suis disposé à avoir les relations les plus charmantes avec vous, mais Monsieur Macron, il va falloir être poli », a-t-il lancé. Moquant encore le candidat d’En Marche !, qui l’a critiqué en parlant de « la gauche communiste qui prétend vendre des rêves », il a répondu : « On ne les vend pas, on les donne », sous les rires de la salle bondée du Grand Palais à Lille.