Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen avant le débat télévisé à cinq du 20 mars 2017.
Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen avant le débat télévisé à cinq du 20 mars 2017. - Patrick KOVARIK / AFP
 
  • Le Front national lorgne sur les plus de 7 millions de personnes qui ont voté Mélenchon
  • Presse, télé, radio, Twitter: la campagne de séduction s'organise sur tous les médias

Pendant l’entre-deux tours, la chasse aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon est ouverte. Alors que le candidat de La France insoumise, éliminé au premier tour de la présidentielle, a refusé de donner une consigne de vote pour le second, le Front national multiplie les interventions pour tenter de séduire les 7.060.885 personnes qui ont mis un bulletin Mélenchon dans l’urne.

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1) S'afficher confiant. « Beaucoup peuvent voter pour nous », a estimé mardi le vice-président du FN, Florian Philippot, imité par David Rachline, le directeur de campagne de Marine Le Pen. Contredisant les sondages réalisés depuis dimanche, selon lesquels Marine Le Pen pourrait récupérer environ 10 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.

Une campagne multi-médias (avec parfois des couacs)

2) Un support écrit. La bataille se joue d’abord sur les réseaux sociaux, ou un tract diffusé par des militants du parti d’extrême droite exalte les ressemblances supposées entre le tribun de La France insoumise et Marine Le Pen. « Insoumis, ne vous trompez pas de combat, ne votez pas Macron », insiste le document.

3) Clins d'oeil et appels du pied. Mardi, quitte à contredire sa nièce Marion Maréchal-Le Pen qui déclarait dans l’hebdomadaire Famille chrétienne sorti le même jour que « la vision de la société que nous proposons n’a rien à voir avec celle de Jean-Luc Mélenchon », la candidate du FN a remis le couvert sur TF1, dénonçant le projet « fratricide » d’Emmanuel Macron et lançant plusieurs appels du pied aux électeurs de La France insoumise.

  • « La France soumise »

« Il veut lancer les entreprises les unes contre les autres », a lancé la candidate, écornant la vision « de trader de salle de marché » de son adversaire avant d’ajouter de manière pas très subtile : « Il veut vraiment "la France soumise", pour le coup il pourrait récupérer ce slogan détourné de Mélenchon ».

  • « Vous êtes sérieux ? »

Marine Le Pen a aussi adressé un message aux 19,58 % des votants du premier tour en les regardant dans les yeux : « Je vais dire aux électeurs de Mélenchon : Est-ce que sérieusement vous envisagez de voter pour Monsieur Macron, qui a annoncé qu’il allait mener une guerre sociale éclair, dès son élection, par ordonnance, qui va faire une loi El Khomri "fois mille", qui va augmenter la CSG, dont l’objectif principal est l’ubérisation généralisée de la société » ?, dénonçant un projet « fratricide ».