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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 05:54

Présidentielle: À J-9, l'incertitude sur l'issue du scrutin n'a jamais été aussi forte

POLITIQUE Dans la dernière ligne droite, les données de la boussole présidentielle du Cevipof et de «20 Minutes» soulignent les hésitations des utilisateurs…

Les candidats à la présidentielle 2017. LIONEL BONAVENTURE-POOL/SIPA
Les candidats à la présidentielle 2017. LIONEL BONAVENTURE-POOL/SIPA - SIPA

Le suspense pourrait durer jusqu’au-delà de 20h le dimanche 23 avril, au moment où le résultat du premier tour de l’élection présidentielle est censé être annoncé. La faute à des dynamiques croisées pour les quatre favoris du scrutin, Marine Le Pen et Emmanuel Macron en baisse d’un côté, Jean-Luc Mélenchon et François Fillon en hausse de l’autre. Selon un sondage Ipsos-Sopra Steria, publié vendredi, pour Le Monde, les deux premiers rassemblent chacun virtuellement 22 % d’intentions de vote (-2 en quatre jours), Mélenchon à 20 % (+1,5) et Fillon à 19 % (+1).

Ces tendances confirment les observations du Cevipof, le centre de recherches politiques de Sciences Po, sur les données issues de la boussole présidentielle consultable sur 20 Minutes. Depuis son lancement le 29 mars, 350.000 personnes ont répondu au questionnaire, dont un grand nombre d’indécis : 57 %. Ces derniers pourraient faire la différence dans le sprint final. 20 Minutes fait le point à J-9 avec Thomas Vitiello, chercheur au Cevipof.

Les sympathisants d’Emmanuel Macron doutent

La boussole comporte quelques biais qui la rendent moins fiable sur les niveaux de chaque candidat qu’une enquête d’opinion traditionnelle. Par contre, elle permet de mesurer les évolutions et les attentes au sein de chaque électorat potentiel, outre son objectif principal, aider l’utilisateur à se définir politiquement. Ce dernier point montre d’ailleurs que parmi les utilisateurs de l’application, 20 % déclarent que cela les a aidés à changer d’avis ou à envisager un autre vote. En 2012, ils étaient environ 10 % dans ce cas.

De tous les électorats, c’est celui d’Emmanuel Macron qui doute le plus, explique Thomas Vitiello : « L’indécision qui augmente chez les personnes tentées par sa candidature est révélatrice d’une certaine fragilité, qui se manifeste par une légère baisse dans les sondages. » Selon le chercheur, le positionnement atypique de l’ancien ministre de l’Economie (« le plus libéral de cette élection, à la fois sur les thématiques culturelles et économiques ») lui a été favorable jusqu’à présent en lui permettant de se présenter comme le plus modéré.

« Être médian est stratégiquement intéressant mais il peut donner l’image de celui qui veut plaire à tout le monde, ou déplaire le moins possible, avance le chercheur. C’est un positionnement de second tour, de rassemblement, mais au premier, ce n’est en général pas ça qui permet de gagner. Et dans un contexte où les électeurs sont à la recherche de projets précis et d’idéal, ça peut jeter un flou. »

Jean-Luc Mélenchon et les « petits » candidats soignent leurs images depuis le second débat

« Ce jour-là il se passe vraiment quelque chose », note Thomas Vitiello. Depuis le second débat entre tous les candidats, le 4 avril, le candidat de la France insoumise connaît une amélioration de son image de présidentiable : « L’augmentation la plus nette est sur son étoffe de président, un facteur essentiel lors de toutes les élections présidentielles. La perception sur sa capacité d’empathie était haute mais a encore augmenté. Mélenchon s’est construit une image de présidentiable. Par rapport à 2012, il a un discours plus posé, moins agressif. Mais il n’a pas perdu de sa verve. Cette image peut très bien amener des électeurs désabusés ou tentés par le Front national à voter Mélenchon. »

Mais le député européen n’est pas le seul bénéficiaire, presque tous les candidats crédités de moins de 5 % d’intentions de vote ayant vu leur image bondir favorablement : « Poutou, Arthaud, Cheminade et Asselineau ont connu une amélioration dès le lendemain. Ce débat a servi à quelque chose de ce point de vue là pour eux, il les a fait connaître. »

De l’incertitude partout

On l’a écrit plus haut, 57 % des utilisateurs ne savent pas encore pour qui voter. Plus que dans les sondages (66 % ont par exemple choisi selon la dernière enquête Ipsos). Logique, puisque la boussole a pour but premier d’aider à s’orienter parmi les candidats, et attire donc les indécis.

>> A lire aussi : Boussole Présidentielle 2017: Onze candidats aux programmes plus contrastés qu'en 2012

Les données issues de l’application depuis deux semaines montrent que les plus hésitants se trouvent… parmi les potentiels électeurs des « petits » candidats, 60 à 68 % étant indécis. Seule exception, les supporters de François Asselineau se hissent à un niveau de certitude de vote proche de ceux des électeurs de Marine Le Pen (30 % incertains) et François Fillon (38 % incertains). Les potentiels électeurs d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon hésitent pour 45 % d’entre eux. Le plus friable semble être Benoît Hamon, 57 % de ses électeurs virtuels déclarant pouvoir aller voir ailleurs, notamment chez Jean-Luc Mélenchon, avec qui la porosité idéologique est forte jusque dans leurs électorats, « d’accord sur un très grand nombre d’enjeux ».

Alors que, dans la dernière ligne droite, les quatre candidats en tête des enquêtes d’opinion se rapprochent les uns des autres et pourraient se départager dans un mouchoir, comme l’annonçaient à 20 Minutes plusieurs sondeurs lors du lancement officiel de la campagne, Thomas Vitiello souligne que « l’indécision est plus élevée qu’en 2012, et la mobilité d’un candidat à un autre est sans aucun doute plus importante ». Un autre facteur contribuant au suspense.

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Published by Ricky
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  • : Prévention et santé.Insertion de personnes en détresse sociale. Intervenant sur les problèmes d'addictologie.(alcool, drogue) Photographe amateur. Membre du bureau départemental et national fédération UDI de la Somme Vice Président de la Croix Rouge locale de Ham (80)
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