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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 20:17

François Hollande : ses confidences avant de quitter l'Élysée

François Hollande : ses confidences avant de quitter l'Élysée

François Hollande à Laval le 25 avril 2017. Le président se confie dans un entretien à L'Obs publié le 3 mai.

 

ENTRETIEN. Ses souvenirs, ses regrets, ses projets : le chef de l'État se livre sans fard à L'Obs.

Discret depuis qu'il a renoncé à briguer un second mandat, le chef de l'État, qui quittera l'Élysée la semaine prochaine, se confie - peut-être pour la dernière fois à cette fonction - à L'Obs. Au journaliste Jérôme Garcin, qui l'a suivi toute une journée dans un palais présidentiel déserté et tournant au ralenti, dans l'attente de l'élection de son successeur, François Hollande a déroulé son bilan.

"La mort, la mort, la mort, tout le temps la mort. Celle des innocents, des policiers, des militaires"

Que retient-il de ces cinq années à la tête du pays ? "La mort, la mort, la mort, tout le temps la mort. Celle des innocents, des policiers, des militaires. La mort sans cesse répétée", confie-t-il, "d'une voix soudain grave". Quand on lui demande s'il ressent de la mélancolie à quitter l'Élysée, il explique : "Détrompez-vous, répond-il, j'ai des regrets : ne pas avoir mieux convaincu ni davantage rassemblé, mais je n'éprouve aucune mélancolie à l'idée de quitter cette maison, dont je ne suis que le locataire provisoire. Cinq années de plus, cela aurait été encore cinq années d'intranquillité permanente, de privation de vie personnelle et de liberté. Être ici, c'est un don total de soi, un sacerdoce. D'autant plus que, pour des raisons de sécurité, renforcée après les attentats, je vis jour et nuit à l'Élysée. Et l'Élysée ne peut pas être un chez-soi." Comme le journaliste relève qu'il existe des prisons moins agréables, François Hollande répond : "J'en conviens, mais c'est plus agréable de vivre avec ses meubles, ses livres, ses disques, dans son propre appartement. Et puis, ajoute-t-il en souriant, il existe d'autres terrasses dans Paris, d'où on peut au moins voir passer les gens. Avouez que ça n'est pas très peuplé, ici..."

"Je pars sans que mon honnêteté ait été prise en défaut"

Interrogé sur les reproches qui lui ont été adressés, notamment d'avoir "abusé" de l'expression "président normal", il se défend : "C'est parce que sa fonction n'est pas normale que le président doit sans répit tendre à l'être. J'ai tout de suite compris que les Français étaient nostalgiques de Mitterrand, qu'ils voulaient un prince mystérieux, silencieux et inatteignable. Mais ce n'est pas mon genre et ce n'est pas mon époque."

"Et quand, autre reproche, on lui demande pourquoi il n'a pas respecté toutes les belles intentions de sa fameuse anaphore, "Moi, président", il s'étonne : 'Franchement, à l'exception de ma vie privée et de la fâcheuse histoire Cahuzac, que j'aurais préféré éviter, je n'ai rien à retrancher. Je pars sans que mon honnêteté ait été prise en défaut. Et sans m'être enrichi. En ayant toujours veillé à ne rien montrer de mes fêlures, de mes blessures. Question de pudeur.'"

"Aujourd'hui, je suis à deux doigts d'être aimé !"

Évoquant son impopularité, François Hollande avoue : "Je reconnais que j'ai été un président impopulaire, mais, enfin, je n'ai pas été haï. Mitterrand a pu être impopulaire et haï. Sarkozy a pu être populaire et haï. Moi, j'ai été très tôt impopulaire, et cela m'a atteint, contrairement à ce que l'on prétend, mais cela ne m'a jamais empêché de gouverner et, surtout, je n'ai pas senti de grande hostilité contre moi, sauf à la période du Mariage pour tous. Aujourd'hui, je suis à deux doigts d'être aimé !" (Rires.)

Commentant la météo, radieuse le jour où il a reçu le journaliste, contrairement à celui où il avait pris ses fonctions sous une grêle hivernale, le président de la République estime que "ce n'était que le début de la dégelée, mais, vous savez, je ne déteste pas la pluie. Elle ajoute aux sentiments. Quand les cérémonies sont tristes, il faut que le ciel pleure avec nous. Le crachin, c'est du chagrin. Et le beau temps peut être très cruel. Je n'ai jamais oublié que, le 21 avril 2002, lorsque Jospin a été éliminé, il faisait un temps splendide."

Au 2e tour, "écarter une conception de la France qui n'est pas la nôtre"

Si l'on ignore quel temps il fera dimanche, pour le second tour de la présidentielle, François Hollande, qui a apporté son soutien à Emmanuel Macron, reste prudent sur le résultat : "On ne doit pas considérer le résultat comme acquis. Rien n'est fait, rien n'est joué, a-t-il averti mercredi 3 mai, en marge d'un déplacement dans le XVIIe arrondissement de Paris. Et c'est la démocratie qui doit dire son mot". "J'attends des Français qu'ils prennent conscience de ce qui est en cause aujourd'hui. Cela ne veut pas dire qu'ils ont à adhérer à un projet pour l'instant, certains le feront. Ce qui est important c'est d'écarter une conception de la France qui n'est pas la nôtre", a jugé le président sortant.

Quant au débat de mercredi soir, qu'il qualifie de "très particulier", François Hollande attend qu'il "montre que ce n'est pas seulement deux personnalités, deux projets mais deux conceptions de la France, de l'Europe et du monde" qui vont s'affronter. "C'est cela qui doit apparaître aux yeux des Français, pour qu'ils fassent leur choix", a-t-il poursuivi, appelant ces derniers à se mobiliser en faisant leur "devoir" d'électeurs dimanche. "Je suis sûr qu'Emmanuel Macron saura trouver les mots", prédit François Hollande.

Au cours du même déplacement à Paris, quand une journaliste lui demande s'il va regarder "le match" (de Ligue des Champions ce soir, Monaco-Juventus), il répond, avec un sourire : "Oui bien sûr le match... Non, je vais regarder le débat !" 

On retient également de l'entretien de François Hollande à L'Obs qu'il n'a rien perdu de son humour légendaire. Mais il avoue que, pendant ses cinq ans à l'Élysée, il s'est beaucoup retenu : "Maintenant, j'en profite." 

Obama ? "Il est charmant, mais très ennuyeux"

"L'humour est, pour lui, la forme suprême de l'élégance, relève le journaliste. Il en crédite Mitterrand et Chirac, mais juge que Sarkozy en manquait singulièrement et s'étonne qu'Obama en ait eu autant en public, si peu en privé - "Il est charmant, mais très ennuyeux".

Enfin, comment envisage-t-il son avenir ? "À l'exception des bureaux - les services de l'État lui ont proposé ceux qu'occupait Jacques Chirac, rue de Lille, il leur a préféré des locaux situés rue de Rivoli, juste au-dessus de la maison Angelina", un célèbre salon de thé parisien, "et de la création d'une fondation consacrée à l'innovation sociale, le futur ancien président prétend n'avoir rien décidé", explique L'Obs. "Jusqu'au 8 mai, je refuse de me projeter dans l'avenir." 

"Ce n'est pas la fin de ma vie, c'est le début d'une nouvelle..."

François Hollande sait toutefois qu'il écrira un livre. "Forcément. Il y a eu trop de livres indirects, dont Le Monde a récemment affirmé que trois d'entre eux m'avaient tué (ceux de Trierweiler, d'Aquilino Morelle et de Davet-Lhomme, NDLR). C'est exagéré. Mais je me dois d'expliquer, dans un livre direct, ce que je n'ai sans doute pas assez expliqué." 

Le président sortant explique aussi qu'il ne veut pas ressembler à Nicolas Sarkozy, qui deux fois a déclaré se retirer de la vie politique, en 2012 et 2016. "Moi, contrairement à lui, je ne renonce à rien. Ce n'est pas la fin de ma vie, c'est le début d'une nouvelle..."

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Published by Ricky
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  • : Le blog de Zuwala Richard
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  • : Prévention et santé.Insertion de personnes en détresse sociale. Intervenant sur les problèmes d'addictologie.(alcool, drogue) Photographe amateur. Membre du bureau départemental et national fédération UDI de la Somme Vice Président de la Croix Rouge locale de Ham (80)
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