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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 06:46

Présidentielle: Les trois axes forts du programme du Front national, inspirés par l'extrême droite

PRESIDENTIELLE Marine Le Pen a avancé au cours de la campagne présidentielle quelques idées radicales et historiquement liées à l’extrême droite …

Marine Le Pen en meeting à Villepinte, le 1er mai 2017.
Marine Le Pen en meeting à Villepinte, le 1er mai 2017. - LAURENT CHAMUSSY/SIPA

 

  • Le programme du Front national repose sur un pouvoir vertical, un Etat qui gouverne par référendum.
  • Les propositions de sa candidate Marine Le Pen en matière d'immigration et de droits des étrangers et des bi-nationaux s'inspirent aussi de l'extrême droite.
  • Son projet stipule une modification conséquente de la Constitution de la Ve République.

Les hésitations et revirements de Marine Le Pen au sujet de l’euro et de la communauté européenne pourraient faire oublier que le reste du programme du Front national au cours de cette élection présidentielle comporte plusieurs propositions qui n’ont pas varié depuis leur présentation en février, dans les 144 engagements de la candidate FN. 20 Minutes a sélectionné trois thèmes marquants, inspirés par l’extrême droite, qui auraient des conséquences directes si Marine Le Pen devenait présidente de la République le 7 mai.

>> A lire aussi : Présidentielle: Qui fait partie de la galaxie de Le Pen?

Un Etat plus vertical qui gouverne par référendum

C’est une marotte de son compagnon et figure du FN Louis Aliot. Le docteur en droit public rêve d’une « République référendaire », où « un Etat fort gouverne par référendum, typique de l’extrême droite de la fin du XIXe siècle », expliquait au lendemain du 1er tour à 20 Minutes l’historien spécialiste du FN Nicolas Lebourg.

L’Etat fort selon Le Pen, c’est son engagement n°6 : la suppression de la moitié des niveaux administratifs, pour ne conserver que la commune, le département et, tout en haut, l’Etat, plus vertical.

Dans le programme de Marine Le Pen en 2017, sa volonté de sauter l’étape du Parlement (la candidate veut d’ailleurs introduire la proportionnelle, engagement n°3, et réduire le nombre de parlementaires à 500, contre 925 actuellement, engagement n°4) pour instaurer un rapport direct entre le chef d’Etat et la population se traduit par son idée de « référendum d’initiative populaire ». Une « conception césariste de l’exercice du pouvoir », écrivait le professeur de droit proche d’Arnaud Montebourg Paul Alliès, dans une note de blog sur Mediapart.

C’est son engagement n°5, « créer un véritable référendum d’initiative populaire, sur proposition d’au moins 500.000 électeurs ». Et parmi tous les référendums qui pourraient potentiellement être engagés, Marine Le Pen assure dans son engagement n°1 qu’il y en aurait un sur « notre appartenance à l’Union européenne ».

>> A lire aussi : Présidentielle: Immigration, laïcité, peine de mort... Le FN adoucit la forme mais pas le fond

Les droits des étrangers diminués, une immigration réduite au minimum

L’immigration et le statut des étrangers sont historiquement au cœur des programmes du Front national depuis sa création. Dans la version 2017 du parti d’extrême droite, ce tropisme trouve son écho dans les engagements n°24 à 27.

  • Marine Le Pen veut sortir de l’espace Schengen, qui permet la libre circulation des citoyens entre les frontières des 26 états-membres.
     
  • Elle souhaite « rendre impossible la régularisation ou la naturalisation des étrangers en situation illégale » et « simplifier et automatiser leur expulsion ». Difficilement quantifiable par définition, les sans-papiers étrangers seraient 200.000 à 400.000 en France. À la fin des années 2000, sous Nicolas Sarkozy, la commission des finances du Sénat avait estimé le coût d’une expulsion à 20.970 euros par personne, et la Cimade, association d’aide aux réfugiés, avait avancé 27.000 euros. Expulser tous les étrangers en situation irrégulière de France pourrait donc coûter au moins 11 milliards d’euros, en se basant sur les mesures de la Cimade, qui datent de 2008.
     
  • Le Pen fille indique dans son programme vouloir réduire l’immigration à un solde annuel de 10.000 personnes. Néanmoins, elle a changé d'avis il y a deux semaines, le 17 avril : finalement, l'avocate de profession veut un moratoire immédiat sur l'immigration légale, c'est-à-dire un solde de zéro dès que possible. Depuis 2014, le solde migratoire annuel est évalué à 67.000 personnes par l’Insee (364.000 entrées, 297.000 sorties en 2015).

>> A lire aussi : En quoi consisterait le moratoire sur l'immigration légale annoncé par Marine Le Pen?

  • La candidate du FN a brandi à plusieurs reprises sa volonté de mettre fin au droit du sol [l'octroi automatique de la nationalité française à tout enfant né sur le sol français, même de parents étrangers], idée que l’on retrouve dans son programme. Le politologue Patrick Weil, spécialiste de la question migratoire, rappelait sur France Inter en 2015 que « le droit du sol, même pas changé sous Vichy, fait partie des principes de la République ». La Constitution de 1791 instituant la monarchie constitutionnelle fixait déjà les conditions du droit du sol, reprises en 1804 dans le code civil de Napoléon Bonaparte. Il n’a jamais été remis en cause.
     
  • Enfin, en lien avec l’immigration, Marine Le Pen veut « supprimer la double nationalité extra-européenne ». Cette proposition, évoquée sur le plateau de France 2 le 9 février et qui ne concernerait pas les Franco-Russes par exemple, avait alors fait bondir de nombreux citoyens franco-israéliens et franco-libanais. Si Marine Le Pen n’a pas donné de précisions quant à Israël, elle a rétropédalé fin février, en déplacement au Liban, où elle a expliqué que « des accords bilatéraux » seraient possibles avec certains pays.

 

Un masque mixant le visage de Jean-Marie Le Pen et la chevelure de sa fille, lors d'une manifestation anti-FN le 1er mai à Paris.
Un masque mixant le visage de Jean-Marie Le Pen et la chevelure de sa fille, lors d'une manifestation anti-FN le 1er mai à Paris. - ZAKARIA ABDELKAFI / AFP

Une vaste modification de la Constitution pour mettre en place la « priorité nationale »

La candidate FN propose comme engagement n°2 l’organisation d’un référendum « en vue de réviser la Constitution ». L’objectif est de graver dans le texte de 1958 la « priorité nationale » (engagement n°92, notamment en termes d’emploi) et « la défense et la promotion de notre patrimoine historique » (engagement n°91). L’engagement n°97 répond au 91, puisque Marine Le Pen souhaite « la promotion du roman national et le refus des repentances d’Etat qui divisent ».

Son engagement n°95 porte sur la laïcité : elle souhaite inscrire dans la Constitution le fait que « la République ne reconnaît aucune communauté ». MLP indique vouloir étendre la laïcité « à l’espace public et l’inscrire dans le Code du travail ». En somme, précisait-elle sur France 2 en février, elle espère interdire les signes religieux ostentatoires ( comme le voile et la kippa, a-t-elle détaillé) en entreprise, dans la rue, les magasins, les transports et tous les bâtiments publics. En septembre 2012, dans une interview au Monde, Le Pen expliquait que « dans les pays où il y a eu des dictatures laïques, les populations vivaient incontestablement mieux, avaient plus de libertés individuelles que sous des dictatures non pas religieuses, mais de fondamentalisme islamique ».

Une modification pour permettre un référendum sur la peine de mort ?

Enfin, l’engagement n°2 prévoit également « d’élargir le champ d’application de l’article 11 ». Cet article 11 dispose que « le Président de la République, sur proposition du Gouvernement […] peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation ». Un seul président de la Ve République a eu recours à cet article 11 : Charles de Gaulle, en 1962 pour instaurer le suffrage universel direct, et en 1969, pour sa réforme du Sénat.

Marine Le Pen souhaite étendre son champ d’application car il ne permet actuellement pas d’organiser un référendum sur les questions de société et de libertés publiques. Cette extension permettrait par exemple de questionner les Français… sur le rétablissement de la peine de mort. Cependant, Marine Le Pen précisait en février qu’elle souhaitait que les citoyens se saisissent eux-mêmes de cette problématique, qu’elle a supprimée de son programme depuis 2012, « via un référendum d’initiative populaire ». 

Si un tel référendum se tenait et que les Français se prononçaient en faveur d'un rétablissement de la peine de mort, Marine Le Pen, en tant que présidente, devrait toutefois dénoncer plusieurs conventions internationales, dont la convention européenne des droits de l'Homme, la France ayant ratifié à deux reprises (1985 et 2007) des protocoles interdisant l'application de la peine capitale.

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  • : Prévention et santé.Insertion de personnes en détresse sociale. Intervenant sur les problèmes d'addictologie.(alcool, drogue) Photographe amateur. Membre du bureau départemental et national fédération UDI de la Somme Vice Président de la Croix Rouge locale de Ham (80)
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