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10 mai 2017 3 10 /05 /mai /2017 06:52

Législatives: Un Parti socialiste plus divisé que jamais avant un scrutin à (très) haut risque

ELECTIONS Le bureau national du PS s’est réuni ce mardi pour mettre au point une plateforme pour les législatives, qui déplaît déjà aux hamonistes…

Le rassemblement, c'est pas si bien parti au PS. Jean-Christophe Cambadélis le 9 mai 2017 à Paris.
Le rassemblement, c'est pas si bien parti au PS. Jean-Christophe Cambadélis le 9 mai 2017 à Paris. - Jacques DEMARTHON / AFP
  • La plateforme pour les législatives est loin de faire consensus
  • Le PS joue sa survie lors du scrutin de juin

Le Parti socialiste se trouve à nouveau face au défi de la synthèse. Après la « claque » de la présidentielle - Benoît Hamon ayant obtenu 6,36 % des suffrages exprimés au premier tour -, Solférino prépare les élections législatives de juin dans des conditions compliquées. Si le « cas Valls » a été à peu près tranché, la plateforme adoptée ce mardi par le bureau national est loin de faire l’unanimité, en particulier du côté des hamonistes.

L’échappée de Valls

L’ancien Premier ministre faisait de l’œil à Emmanuel Macron depuis plusieurs semaines. Il a finalement déclaré ce mardi sur RTL vouloir être investi par La République en marche (LREM) dans la 1re circonscription de l’Essonne pour les législatives. Son sort a finalement été rapidement tranché par Solférino. « Il n’y aura pas de candidats avec deux étiquettes différentes. Ceux qui se présentent avec l’étiquette En Marche ! auront un candidat (PS) face à eux, c’est ce qu’a dit Jean-Christophe Cambadélis », a indiqué à la presse le député Pascal Cherki. « Je suis entièrement d’accord avec cette position, le PS n’est pas une auberge espagnole », a réagi président du groupe PS à l’Assemblée nationale Olivier Faure auprès de 20 Minutes.

>> A lire aussi : Manuel Valls va devoir choisir entre le PS et Macron, prévient Cambadélis

Pourrait-il y avoir un « effet Valls » poussant d’autres socialistes à quitter le PS ? Le député de l’Essonne Malek Boutih, proche de Manuel Valls, a indiqué mardi avoir sollicité l’investiture d’En Marche ! pour les législatives. Valls « est très isolé », balaie Mathieu Hanotin, fidèle de Benoît Hamon. Pour l’heure, deux proches de l’ancien Premier ministre se sont désolidarisés. Luc Carvounas a « regretté » cette décision. « Je suis progressiste réformiste mais aussi socialiste attaché à son Parti et ses valeurs. Non @manuelvalls je ne te suivrai pas cette fois », a tweeté le sénateur-maire d’Alfortville (Val-de-Marne).

« Ce n’est pas dans les moments difficiles qu’on doit tourner le dos à sa famille politique », a pour sa part déploré Pascale Boistard, secrétaire d’Etat chargée des Personnes âgées.

Une plateforme « purgée » de la touche Benoît Hamon

Le consensus est cependant loin d’être trouvé sur le sujet de la plateforme de campagne pour les législatives. Le texte adopté ce mardi par le bureau national, publié par Libération, s’intitule « Un contrat clair pour la France, une gauche constructive et vigilante ».

Il ne contient pas certaines des mesures phares de la campagne de Benoît Hamon, comme le revenu universel d’existence, la contribution sociale sur les robots ou la sortie du nucléaire et l’abandon du diesel. Résultat, les hamonistes préparent « leurs » propositions. Sur la stratégie, les hamonistes veulent une « alliance la plus large possible à gauche, avec tous ceux qui voudront, pas Mélenchon puisqu’il exclut même les communistes, mais avec les Verts, le Parti Radical de Gauche et le Mouvement Républicain et Citoyen », nous affirme Mathieu Hanotin qui exclut un ralliement à Emmanuel Macron.

>> A lire aussi : «Il faut un maximum de candidatures d'union à gauche» pour les législatives, estime Hamon

« Je souhaite que nous soyons dans la majorité présidentielle. Sans les socialistes, le risque existe que ce quinquennat soit marqué par des reculs sociaux », insiste, à l’inverse, Olivier Faure. Le texte fixe donc quelques lignes rouges au projet d’Emmanuel Macron, rejetant notamment le recours aux ordonnances pour réformer le Code du travail et la suppression de l’impôt sur la fortune. De quoi ennuyer les socialistes réformistes de l’aile droite du parti qui souhaitent faire un pas vers le président élu. A l’image du député réformateur de Gironde Gilles Savary, investi par le PS, et qui « préférerait être candidat En Marche ! »

« Mort » ou « résurrection » ?

« S’ils ne parviennent pas à tomber d’accord sur une plateforme, une scission est possible avant les législatives, entre ceux qui défendent le quinquennat Hollande et les frondeurs, qui s’opposent tant sur le fond que sur la stratégie », estime le politologue Gérard Grunberg, directeur de recherche à Sciences-Po. Même sans scission, il prédit au PS « une possible Bérézina électorale en juin », le parti étant menacé à sa droite par LREM et à sa gauche par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Un champ lexical mortifère a d’ailleurs fleuri ce mardi dans la bouche des ténors du PS. Manuel Valls prononce la « mort de ce Parti socialiste », tout comme Didier Guillaume, tandis que Pierre Moscovici espère sa « résurrection ». Le Premier ministre Bernard Cazeneuve s’est agacé d’entendre que le PS « n’existe plus ». « Normalement, un parti qui fait 6 % à la présidentielle est mort », avance Gérard Grunberg, qui fait le parallèle avec l’effondrement des socialistes du Pasok en Grèce ou de ceux du PvDA aux Pays-Bas. « Il y a une crise de la social-démocratie en Europe ».

« Des grands noms du PS peuvent tomber aux législatives face à des candidats LREM ou FI », estime Bruno Cautrès, directeur de recherche au CNRS. « Cela pourrait faire émerger une nouvelle génération de socialistes d’ici 2022 ». Un peu d’espoir pour le parti qui pourrait selon lui tomber sous son record historique de 57 députés lors des législatives de 1993.

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Published by Ricky
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  • : Prévention et santé.Insertion de personnes en détresse sociale. Intervenant sur les problèmes d'addictologie.(alcool, drogue) Photographe amateur. Membre du bureau départemental et national fédération UDI de la Somme Vice Président de la Croix Rouge locale de Ham (80)
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