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13 décembre 2018 4 13 /12 /décembre /2018 13:26
« Vendre la France à l’ONU » : de Trump aux « gilets jaunes », itinéraire mondial d’une intox

Le texte de l’ONU en réponse à la crise des migrants est devenu la base d’une théorie conspirationniste dans le mouvement de protestation français.

Par Samuel Laurent Publié le 06 décembre 2018 à 05h44 - Mis à jour le 06 décembre 2018 à 14h30

« Macron va vendre la France à l’ONU », « la date fatidique approche », « l’ONU prévoit l’arrivée de 480 millions de migrants pour détruire l’Europe », « Gilets jaunes, vous devez bloquer Macron au sol le 10 décembre »… Depuis quelques jours, une rumeur circule énormément dans les groupes Facebook des « gilets jaunes », sur les vidéos et dans les directs des sympathisants du mouvement, affichant souvent des centaines de milliers de visionnages.

Une rumeur évoquée aussi, quasi systématiquement, par des figures de la contestation lors d’entretiens avec les journalistes du Monde : Emmanuel Macron serait sur le point de s’engager auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU) à « préparer la subversion de la France », voire « le grand remplacement » des Français par des immigrés, en signant, le 10 décembre, un document, le « pacte de Marrakech ».

Lire aussi Evénements, pages, détournements d’images… les « gilets jaunes » s’organisent sur Facebook

Ce dernier est bien réel. Mais pas ces rumeurs, qui en font une sorte de loi mondiale qui contraindrait les Etats à renoncer à la maîtrise de leur politique migratoire et à devoir accepter une immigration massive. Une autre version de la rumeur prétend qu’Emmanuel Macron démissionnera une fois cet acte accompli, laissant notre pays à la merci de l’ONU.

Facebook, intox et « gilets jaunes »

L’histoire peut sembler ridicule. Elle est pourtant relayée massivement dans les communautés « gilets jaunes » actives sur les réseaux sociaux. Depuis ses débuts, le mouvement fonctionne essentiellement sur Facebook, le réseau social le plus populaire, et de loin le plus massif : trois quarts des internautes français, soit plus de trente millions de personnes, y avaient un compte actif début 2018.

 
Les « gilets jaunes » postent ou partagent des messages sur leur compte personnel, commentent ceux d’autres sympathisants, ou participent à des groupes, qui peuvent être publics ou non, adoptant une horizontalité et une spontanéité souvent déroutantes, mais propres à ce réseau, où tout est mis au même niveau. L’information y foisonne, sous forme de comptes rendus d’actions, d’appels à de nouvelles initiatives ou de débats sur la stratégie, bien entendu, mais surtout de liens et de contenus.

L’un des modes de communication privilégiés reste la vidéo, sous une forme souvent des plus brutes, en se filmant soi-même depuis son ordinateur ou son téléphone. La méfiance envers les médias est massive, virulente et consensuelle ; au point que les vidéastes amateurs y ont souvent plus de crédit.

Quelques figures, comme Maxime Nicolle, alias « Fly Rider » – qui évoque volontiers le fameux pacte dans ses interventions –, y bénéficiaient déjà d’une certaine notoriété, d’autres émergent à mesure que le mouvement évolue. Il n’est pas rare qu’une vidéo, même d’une durée conséquente, fasse un, deux, trois millions de visionnages, largement plus que les contenus explicatifs des médias traditionnels.

Cette horizontalité, associée à la défiance généralisée envers journalistes et pouvoir, favorise les poussées de théories conspirationnistes parfois les plus farfelues. Une autre rumeur très populaire postule ainsi que la France a perdu sa Constitution depuis janvier 2017 du fait d’un décret de Manuel Valls, ce qui rendrait Emmanuel Macron illégitime.

Lire aussi « Gilets jaunes » : « Constitution disparue » et complotisme débridé sur les réseaux sociaux

Mais si la plupart de ces intox sont de pures productions françaises, l’histoire du « pacte de Marrakech », ville de l’adoption prévue du traité, est un produit importé. Depuis plusieurs mois, droites et extrêmes droites occidentales mènent une campagne de sape contre le projet, « danger imminent » selon le parti belge flamand Vlaams Belang, « acte de trahison » pour Marine Le Pen, invitée samedi 8 décembre de l’extrême droite flamande, aux côtés de Steve Bannon, pour évoquer ce pacte ; « risque sécuritaire » pour le premier ministre australien Scott Morrison ; « réduction du droit de gérer nos frontières » pour les conservateurs canadiens… En Allemagne, l’extrême droite du mouvement islamophobe Pegida s’est même rassemblée en gilets jaunes, samedi 1er décembre à Berlin, pour protester contre le pacte.

Maxime Nicolle – « Fly rider » – l’une des figures des « gilets jaunes », durant un live sur Facebook.
Maxime Nicolle – « Fly rider » – l’une des figures des « gilets jaunes », durant un live sur Facebook.

Une déclaration de principe en réponse à la crise des migrants

Ce texte, officiellement le « pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières », est pourtant le fruit d’un consensus : il visait à répondre à la crise des migrants de 2015 en Europe par une déclaration de portée essentiellement symbolique, réaffirmant un certain nombre de standards, mais ne comportant aucune espèce d’obligation en matière d’accueil.

Le document réaffirme très clairement et à plusieurs reprises son caractère non contraignant juridiquement, ou encore le principe directeur de souveraineté nationale dans les politiques migratoires. Mais il y ajoute quelques déclarations de principe affirmant que les migrations sont un phénomène inévitable et qui a des aspects positifs, ou bien qu’il faut encourager une couverture médiatique objective de ces questions.

Lire aussi L’ONU s’accorde sur un pacte mondial sur la migration

Et ce sont ces aspects qui sont mis en avant par les détracteurs du document, souvent déformés et décontextualisés, caricaturant ce pacte en une sorte de contrainte globale, qui impliquerait des obligations d’accueil sans limite de populations immigrées « de remplacement », imposerait un contrôle de l’ONU sur les politiques des Etats, ou l’obligation pour les médias de dire du bien de l’immigration, etc. Le sujet est, par essence, propice à alimenter l’angoisse migratoire qui touche tout l’Occident ; le fonctionnement et les pouvoirs de l’ONU, mal connus. Les réseaux sociaux et une série de campagnes politiques vont faire le reste.

Une intox venue de la droite américaine

L’intox prend naissance dans l’Amérique de Donald Trump. Fin 2017, le président américain, suivant sa logique souverainiste et toujours à l’affût de symboles forts, annonce qu’il boycottera la conférence de lancement du pacte, puisque les Etats-Unis ne signeront pas ce texte. Ils seront au départ les seuls, avec la Hongrie de Viktor Orban, puis Israël et l’Australie.

A côté des manœuvres diplomatiques, la machine à propagande de l’alt-right, la droite suprémaciste américaine qui le soutient, se met en branle. Son navire amiral, le site Breitbart, a consacré plus de 250 articles au global compact, volontiers associé au nom du milliardaire américain d’origine hongroise et de confession juive, George Soros, bête noire de Steve Bannon et des penseurs du mouvement.

Sur les réseaux sociaux américains, ce sont des milliers de messages, vidéos, Tweet, qui décortiquent, article par article, les 41 pages du document, attribuant aux propositions des caractères contraignants qu’elles n’ont pas, voire imaginant qu’elles correspondent à un fantasmatique projet global, dirigé par quelques élites, de « remplacement » des populations occidentales par des migrants. Un processus de déformation désormais classique, qui a été croissant au début de l’année 2018.

Lire aussi (en édition abonnés) : Europe : le pacte migratoire de la discorde

La polémique prend rapidement en Europe, où le refus de la Hongrie a inspiré plusieurs formations. Notamment en Autriche, où le parti d’extrême droite FPÖ est au gouvernement et fait pression pour que le pays rejoigne le mouvement, ce qu’il finira par faire, début novembre, à la surprise générale, évoquant la crainte d’un « droit à l’immigration ». Un argument pas éloigné de ce qu’on peut lire en ligne. Le sujet inspire les formations de droite radicale d’Europe du Nord et de l’Est, de Suisse, de Belgique, et jusqu’au Canada, qui lancent des campagnes de pression à leur tour.

Et là encore, vidéos, messages, posts de blogs et articles de médias « alternatifs » abondent, en allemand, néerlandais, danois, suédois… Les mêmes arguments y sont repris, mêlant points juridiques (l’influence potentielle de ce texte sur les jugements en matière d’immigration, par exemple) et théories conspirationnistes autour d’un « projet global » fantasmatique, et de la dystopie du « grand remplacement ».

De l’extrême droite à LR

La polémique est vite repérée par quelques « poissons pilotes » de l’extrême droite française, qui l’évoquent dès le début 2018 : Breiz Atao, site du militant antisémite Boris Le Lay, puis Polémia, celui de Jean-Yves Le Gallou, ancien du FN et du MNR, abordent le sujet au printemps. Dès la mi-2018, on trouve sur divers relais de cette mouvance des arguments comme : « pour garder leurs subventions, les médias vont devoir écrire des articles positifs sur l’immigration », ou « l’ONU veut encourager l’immigration clandestine ».

Relayée par quelques élus d’extrême droite, dont le député européen Bernard Monot, durant l’été, la campagne antipacte peine à intéresser un public plus large en France, jusqu’à la fin octobre et la décision surprise de l’Autriche. Courant novembre, le sujet s’installe peu à peu au sein de la droite républicaine, Eric Ciotti signant par exemple, le 29 novembre, dans Le Figaro, une tribune évoquant le risque d’un « droit à l’immigration opposable » et un texte empreint d’une « idéologie dangereuse ».

Tract du Rassemblement National diffusé sur Facebook
Tract du Rassemblement National diffusé sur Facebook Capture d'écran

Au même moment, la polémique atteint les « gilets jaunes » en pleine mobilisation. Sur les groupes Facebook les plus importants du mouvement, forts de centaines de milliers d’abonnés, d’innombrables messages évoquent ce sujet, surtout après le 17 novembre et la première grande journée d’action. Ironiquement, une partie des premiers messages estime qu’Emmanuel Macron « profite de l’agitation » des « gilets jaunes » pour faire passer le pacte en toute discrétion.

Trahison des élites

Dans les groupes de « gilets jaunes », l’inquiétude va croissant. Au moins trois pétitions y circulent depuis quelques jours, lancées par des groupuscules d’extrême droite, mais aussi par le Rassemblement national (ex-Front national). Parmi les contenus très partagés, on retrouve également des articles issus de sites d’extrême droite tels que Riposte laïque, mais aussi des vidéos de figures politiques, comme le président de l’Union populaire républicaine, François Asselineau, ou un militant de Debout la France, Dorian Manzoli, dont « l’explication de la portée juridique » du texte en vidéo – truffée d’intox – affiche en quelques jours plusieurs dizaines de milliers de vues. Mais, suivant la logique horizontale de ce mouvement inédit, les vidéos les plus populaires émanent d’anonymes, se filmant eux-mêmes, en répétant généralement ce qu’ils ont lu sur ces mêmes sites peu fiables.

Lire aussi (en édition abonnés) : En Allemagne, l’extrême droite revêt l’uniforme des « gilets jaunes »

L’enjeu temporel, l’urgence absolue de la situation, reviennent souvent dans ces discours : il faut agir avant le 10 décembre, sinon il sera trop tard, assurent les vidéastes. Mais la thématique principale, qu’on retrouve dans d’autres argumentaires plus rationnels des « gilets jaunes », reste celle de l’abandon, de la trahison d’élites dirigeantes, soupçonnées d’agir en secret contre le peuple et ses intérêts.

Une rhétorique embrassée sans guère de scrupules par une partie de la classe politique. Mercredi 5 décembre, la porte-parole des Républicains, Lydia Guirous, accusait ainsi, sur Twitter, Emmanuel Macron de « trahir les Français » en signant ce pacte, une « menace sur notre souveraineté et notre identité. Chaque peuple a le droit de choisir qui il souhaite accueillir », exhortait-elle, laissant entendre à son tour que ce pacte de l’ONU allait empêcher les pays signataires de décider de leur politique migratoire. Factuellement faux, ce Tweet a obtenu plus de 2 300 partages.

 

Samuel Laurent

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13 décembre 2018 4 13 /12 /décembre /2018 13:22
Manipulations autour du pacte mondial sur l’immigration de l’ONU

Editorial. Le texte, adopté le 10 décembre à Marrakech, fait l’objet d’une instrumentalisation nauséabonde par une coalition de mouvements radicaux, nationalistes et illibéraux.

Par Le Monde Publié le 10 décembre 2018 à 10h49 - Mis à jour le 10 décembre 2018 à 10h59

Louise Arbour, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour les migrations, le 9 décembre, lors d’une conférence internationale à Marrakech (Maroc).
Louise Arbour, représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU pour les migrations, le 9 décembre, lors d’une conférence internationale à Marrakech (Maroc). FADEL SENNA/AFP

Editorial du « Monde ». Le déchaînement de la désinformation à propos du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières illustre tragiquement la puissance de l’infox. Le gouvernement belge de Charles Michel n’y a pas survécu. C’est une véritable campagne méphitique qui est menée contre cette initiative par une coalition de mouvements radicaux, nationalistes et illibéraux.

Ce pacte a été approuvé par les Etats, le 10 décembre, lors d’une conférence internationale à Marrakech (Maroc), avant un vote à l’Assemblée générale des Nations unies, probablement le 19 décembre. Il s’agit du premier document global de l’ONU sur le sujet. Même s’il est non contraignant, la symbolique est importante.

« Un pacte avec le diable »

Seuls deux tiers des quelque 190 pays qui avaient validé le document avaient confirmé leur présence à Marrakech. La fracture passe au sein même de l’Union européenne. L’Italie, l’Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, l’Estonie et la Lettonie boycottent la réunion. La chancelière allemande Angela Merkel sera là après un feu vert houleux du Bundestag, ainsi que les chefs de gouvernement espagnol, grec et portugais. La France doit être représentée par le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.

Après avoir reçu le soutien appuyé d’Emmanuel Macron lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies, en septembre, le texte fait depuis quelques jours l’objet d’une instrumentalisation nauséabonde et des caricatures les plus grotesques. L’ex-conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, tout à son projet de destruction de l’UE, accuse le président français d’avoir conclu « un pacte avec le diable ne visant qu’à transformer le monde en un grand squat ».

Marine Le Pen n’hésite pas à faire le lien avec le mouvement des « gilets jaunes », accusant le pouvoir d’« organiser l’immigration » au détriment des salariés et de leur pouvoir d’achat. Sur les réseaux sociaux, toute une nébuleuse s’enflamme, dénonçant une mise sous tutelle de la France par l’ONU et l’arrivée de millions de migrants.

Défi à la réalité des faits, cet argumentaire reprend peu ou prou celui de l’administration américaine dénonçant un pacte qui « veut faire avancer la gouvernance mondiale aux dépens du droit souverain des Etats ». Si Donald Trump est jusqu’ici le seul à s’être retiré de l’accord de Paris sur le climat, autre symbole de ce multilatéralisme qu’il honnit, il faut reconnaître que sa campagne contre ce texte a été plus efficace.

Lire nos explications : Comment le pacte migratoire de l’ONU a déraillé

Un tourbillon de fantasmes

La peur suscitée par les migrations est redoutable, surtout quand elle est attisée par une campagne systématique menée par les xénophobes et les identitaires en tout genre. Le pacte, comme toute résolution votée par l’Assemblée générale de l’ONU, ne prétend pourtant pas imposer quoi que ce soit aux signataires quant à leur politique migratoire. Il se contente de recenser vingt-trois objectifs de coopération, des ambitions communes et des responsabilités partagées. Ainsi, la lutte « contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine ». Il vise aussi à rappeler aux pays d’origine des migrants leur devoir de prévention des départs et de réadmission.

Certains tentent d’emporter ces principes de bon sens dans un tourbillon de fantasmes, en refusant de regarder en face une réalité qui s’impose à nous et que nous ne pourrons pas régler en érigeant des murs ou en s’inventant des boucs émissaires.

Lire sur Les Décodeurs : « Vendre la France à l’ONU » : de Trump aux « gilets jaunes », itinéraire mondial d’une intox

Le Monde

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13 décembre 2018 4 13 /12 /décembre /2018 13:17
Que contient (ou non) le pacte de Marrakech sur les migrations ?

Un texte pour des « migrations sûres, ordonnées et régulières » a été approuvé lundi à Maroc. Mais il n’est ni révolutionnaire ni contraignant.

Par Anne-Aël Durand Publié le 10 décembre 2018 à 17h49, mis à jour hier à 09h35

 

Un texte international sur les migrations, approuvé formellement lundi 10 décembre à Marrakech (Maroc), suscite de nombreuses incompréhensions.

Lire  : Manipulations autour du pacte mondial sur l’immigration de l’ONU

Qu’est-ce qui a été approuvé à Marrakech ?

Le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières a été approuvé lundi lors d’une conférence intergouvernementale organisée par l’Organisation des Nations unies (ONU) à Marrakech (Maroc) en présence de représentants de près de 160 pays.

Ni vote ni signature n’étaient au programme de ce rendez-vous qui se tient jusqu’à mardi. Une simple proclamation orale suivie d’un coup de marteau a servi d’approbation formelle. Le texte, qui a déjà été approuvé en juillet, doit encore être ratifié mercredi 19 décembre lors de l’Assemblée générale des Nations unies.

Que contient ce pacte sur les migrations ?

Il s’agit d’un document de quarante et une pages, qui fixe vingt-trois objectifs pour « améliorer la coopération en matière de migrations internationales », accompagnés de mécanismes de suivi des mesures à toutes les étapes :

  • mieux connaître les flux au moyen de collectes de données précises ;
  • en amont, lutter contre les « facteurs négatifs et les problèmes structurels » qui poussent les individus à quitter leur pays ;
  • rendre plus accessibles les filières légales de migration, fournir des preuves d’identité à chacun, « veiller à l’invariabilité et à la prévisibilité des procédures migratoires » ;
  • rendre les périples migratoires moins dangereux, « sauver des vies » par une action internationale coordonnée, lutter contre les passeurs et la traite des personnes ;
  • mieux gérer les frontières, limiter le recours à la rétention administrative, renforcer la coopération consulaire ;
  • une fois les migrants arrivés dans un pays, leur assurer des services de base, les moyens de s’intégrer, reconnaître leurs qualifications et éliminer toutes les discriminations ;
  • permettre aux migrants de contribuer au développement de leur pays d’origine, simplifier les envois de fonds, faciliter leur retour en assurant la portabilité de leurs droits.

Mais, dès le préambule, le pacte précise qu’il établit « un cadre de coopération juridiquement non contraignant, qui repose sur les engagements convenus par les Etats membres » et qu’il « respecte la souveraineté des Etats et les obligations que leur fait le droit international ». Concrètement, cela signifie que chaque pays, même s’il signe ce texte, pourra continuer de facto à mener une politique qui y est contraire sans encourir aucune sanction.

Qu’est-ce qu’il ne contient pas ?

Le sujet des migrations internationales est brûlant, et provoque de nombreuses controverses dans les sociétés occidentales. Raison pour laquelle l’existence de ce pacte a suscité énormément de désinformation et de manipulations politiques. Les leaders populistes comme les nombreux groupes de « gilets jaunes » ont multiplié ces derniers jours les diatribes contre ce texte, qui ferait venir des centaines de milliers, voire des « dizaines de millions », de migrants.

Lire : « Vendre la France à l’ONU » : de Trump aux « gilets jaunes », itinéraire mondial d’une intox

Il serait interminable de lister toutes les intox, mais il est régulièrement reproché à ce texte :

  • « d’être un préalable à un afflux massif de réfugiés » : à aucun moment le texte n’oblige un pays à ouvrir ses frontières ou ne formule de quotas de migrations obligatoires. Il ne vise pas non plus à créer un « appel d’air » mondial, ou un droit opposable à l’immigration, comme le déplore Eric Ciotti dans Le Figaro, mais plutôt à prendre en compte la réalité actuelle pour mieux l’accompagner ;

  • « de mettre en place une censure de la presse » : le député Les Républicains des Alpes-Maritimes craint aussi une « censure de la presse » sur les questions migratoires. En réalité, le pacte invite à « promouvoir une information indépendante, objective et de qualité, y compris sur Internet » (objectif flou mais louable), et à « cesser de subventionner les médias qui propagent systématiquement l’intolérance, la xénophobie, le racisme et les autres formes de discrimination envers les migrants, dans le plein respect de la liberté de la presse » ;
  • « d’organiser le remplacement des travailleurs » : pour certains responsables d’extrême droite, comme le député européen Bernard Monot, le pacte recommande le « remplacement des Européens par des migrants » et favorise l’arrivée de travailleurs immigrés « payés un euro l’heure ». Le texte dit justement l’inverse, puisqu’il appelle à faciliter l’accès des migrants à un travail décent et à l’économie formelle ;
  • « brader la souveraineté française » : plusieurs sites et publications s’alarment sur le risque de « vendre la France à l’ONU ». Ils opèrent un amalgame entre deux actualités : le pacte des migrations, sous l’égide de l’ONU, et une suggestion, formulée par le vice-chancelier allemand fin novembre, consistant à transférer à l’Union européenne le droit de veto français au Conseil de sécurité. Mais cette dernière idée n’a rien d’officiel et ne risque pas de voir le jour. Et, à aucun moment, la souveraineté des pays n’est remise en question par le pacte des migrations.

A quoi sert un texte non contraignant ?

Il s’agit d’un instrument de soft law, que l’on peut traduire par « droit souple » ou « droit mou » : un texte qui ne s’accompagne pas de contraintes, mais qui a une valeur symbolique, en fixant des recommandations pour changer les comportements.

L’accord de Paris sur le climat a lui aussi une forme non contraignante de « soft law »

Ce n’est pas nouveau : le principe, qui date des années 1930, est très utilisé dans le droit international, lorsqu’il est compliqué d’obtenir un accord entre des pays aux objectifs divers et qui ne veulent pas céder une partie de leur souveraineté. Il sert alors de « substitut au droit dur », comme l’explique un rapport du Conseil d’Etat de 2013. L’accord de Paris sur le climat, signé en 2015, a lui aussi une forme non contraignante de soft law dans la mesure où aucune sanction n’y est associée.

Le pacte sur les migrations devrait-il être soumis au vote du Parlement ou à un référendum ? Rien ne l’oblige, comme l’explique le constitutionnaliste Didier Maus, interrogé par CheckNews, le service de vérification d’informations de Libération : il ne s’agit pas d’un traité de paix ou de commerce, il n’engage pas les finances de l’Etat, ne modifie pas la loi ni les contours du territoire national. Inversement, rien n’empêche le gouvernement de présenter ce texte devant l’Assemblée nationale, voire de le soumettre au vote.

Finalement, qui a adopté ce pacte ?

Première précision : le 19 décembre, ce n’est pas à Marrakech que le pacte sera signé, mais à New York. Pour la France, ce n’est pas non plus Emmanuel Macron qui s’est déplacé au Maroc le 10 décembre, mais le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.

Approuvé en juillet 2018 à New York par l’ensemble des membres de l’ONU, à l’exception des Etats-Unis

Au total, selon l’Agence France-Presse (AFP), 159 pays sur 193 étaient représentés pour l’adoption de ce pacte, qui avait été approuvé en juillet 2018 à New York par l’ensemble des membres de l’ONU, à l’exception notable des Etats-Unis. Donald Trump s’était en effet retiré dès décembre 2017 de l’élaboration de ce texte, contraire à sa politique d’immigration et à sa volonté de s’éloigner de toute gouvernance mondiale.

Plus récemment, au moins neuf pays se sont retirés du processus : Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie.

Selon Louise Arbour, représentante spéciale de l’ONU pour les migrations, plusieurs autres pays ont demandé à organiser des consultations internes : Bulgarie, Estonie, Israël, Italie, Slovénie et Suisse. En Belgique, la décision du premier ministre, Charles Michel, de se rendre à Marrakech a suscité une crise politique et brisé la coalition avec les nationalistes flamands de la N-VA.

Par ailleurs, le Brésil va se retirer du pacte une fois que le président élu d’extrême droite Jair Bolsonaro prendra ses fonctions, le 1er janvier, a annoncé son futur chef de la diplomatie.

Lire : Comment le pacte migratoire de l’ONU a déraillé
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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 07:06
Macron tente de calmer la colère, réactions contrastées des "gilets jaunes"
 
Des gilets jaunes regardent l'allocution télévisée d'Emmanuel Macron dans un restaurant à Fay-aux-Loges, le 10 décembre 2018
Des gilets jaunes regardent l'allocution télévisée d'Emmanuel Macron dans un restaurant à Fay-aux-Loges, le 10 décembre 2018
 
Emmanuel Macron a tenté lundi de calmer la colère des "gilets jaunes" en annonçant une série de mesures sociales, qui ont été saluées comme une "avancée" par certains protestataires tandis que d'autres les jugeaient insuffisantes pour arrêter leur mobilisation.

Augmentation de 100 euros des salaires au niveau du Smic, exemption de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros par mois, heures supplémentaires payées "sans impôts ni charges": le chef de l'Etat a annoncé plusieurs nouveaux gestes face à ce qu'il a appelé "l'état d'urgence économique et sociale".

"Mon seul souci, c'est vous. Mon seul combat, c'est pour vous", a affirmé le chef de l'Etat en concluant son "adresse à la Nation" de près de 13 minutes.

Ce discours, prononcé à l'Elysée, était présenté comme décisif pour le président, confronté à la crise politique la plus grave depuis le début de son quinquennat il y a 18 mois.

Suffira-t-il à y mettre fin ? L'une des figures des "gilets jaunes", la Bretonne Jacline Mouraud, a appelé à "une trêve" car "il y a des avancées, une porte ouverte". "Maintenant il faut sortir de cette crise" car "on ne peut pas passer le reste de notre vie sur des ronds-points", a ajouté cette porte-parole des "gilets jaunes libres", un collectif jugé plus modéré.

Mais, pour d'autres, il n'est pas question de se retirer car "Macron n'a pas pris la mesure de ce qui se passait", selon Pierre-Gaël Laveder, manifestant à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire). "Chaque annonce a été huée et la première réaction a été: +On se fout de notre gueule+", a-t-il témoigné après avoir regardé l'intervention avec une soixantaine de "gilets jaunes".

L'enjeu d'Emmanuel Macron "était de créer une brèche dans l'opinion, en s'adressant surtout à ceux qui soutiennent les gilets jaunes" afin "de marginaliser les jusqu'aux boutistes", estime Christian Delporte, expert en communication politique. "Si ceux qui ont soutenu les gilets jaunes disent +arrêtez+, il aura gagné", selon lui.

Sans opérer un véritable changement de camp, M. Macron a esquissé des gestes dont le financement et le coût restent à déterminer.

Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics a chiffré lundi soir entre "8 et 10 milliards d'euros". Il revient désormais au Premier ministre Edouard Philippe d'en préciser les contours.

- "Juste à bien des égards" -

Pour Jean-Daniel Levy, expert de Harris Interactive, Emmanuel Macron n'a pas annoncé "un vrai virage social mais des gestes sociaux". "Mais une intervention ne suffit pas", a-t-il dit.

Revenant sur les raisons de la crise, le chef de l'Etat a évoqué "40 années de malaise qui ressurgissent" et a dit ressentir "comme juste à bien des égards" la colère des "gilets jaunes".

Il a de nouveau esquissé un mea culpa sur son attitude, en reconnaissant qu'il lui était "arrivé de blesser certains d'entre vous par mes propos". 

Depuis un mois, les "gilets jaunes" ne cessent de réclamer "Macron démission", en clamant parfois leur "haine" d'un président jugé "arrogant" et "déconnecté" de la vie des Français.

L'urgence de l'exécutif est désormais de tenter d'éviter un "acte V" de la contestation alors que des appels à manifester sont déjà lancés sur les réseaux sociaux pour le 15 décembre. L'acte IV a rassemblé samedi quelque 136.000 manifestants et s'est soldé par un nombre record d'interpellations, plus de 320 blessés et encore des dégâts dans de nombreuses villes, particulièrement à Paris, Bordeaux et Toulouse.

Ces "violences inadmissibles (...) ne bénéficieront d'aucune indulgence", a averti le chef de l'Etat.

- "Court terme" -

Avant de prononcer son allocution, Emmanuel Macron avait reçu pendant quatre heures à l'Elysée les représentants des forces vives du pays, qui avaient regretté d'être ignorées depuis le début du quinquennat. 

L'exécutif cherche à rassurer le monde économique alors que la crise va faire perdre 0,1 point de croissance à la France sur le dernier trimestre de cette année, a estimé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

La France a "un peu de marge" budgétaire et les mesures annoncées lundi ne "remettent pas en cause la maîtrise de la dépense publique", a indiqué l'Elysée, sans préciser si la France maintenait son objectif d'un déficit inférieur à 3% de PIB pour 2019.

Dans le monde politique, les premières réactions étaient un peu moins négatives à droite qu'à gauche ou à l'extrême droite.

"Je vais être très sincère, je n'ai pas été déçu", a ainsi déclaré le député LR Guillaume Pelletier, en saluant des mesures "pour la France moyenne".

Mais pour Olivier Faure, premier secrétaire du PS, "le cap n'est pas modifié !" et "le nouveau monde, c'est +retour vers le futur+ (...) du Sarkozy". Les députés socialistes décideront finalement mardi seulement s'ils déposeront une motion de censure commune avec les Insoumis et les communistes contre le gouvernement. 

 

Jean-Luc Mélenchon (LFI) a pointé la "réalité bien crue" que "toutes les mesures annoncées" seront "payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes, ni les profits".

 

Emmanuel Macron "recule pour mieux sauter", a déclaré à l'AFP Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national. 

"On est très très loin du compte", a également estimé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

 
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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 05:33
"Gilets jaunes" : l'allocution d'Emmanuel Macron critiquée par tous ses opposants... sauf à droite

Le président de la République s'est exprimé, lundi, pour tenter de répondre à la colère des "gilets jaunes". Ses annonces n'ont pas convaincu l'opposition. Seuls les Républicains ont réagi favorablement.

Marine Le Pen, présidente du FN (au centre), Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise (à droite) et Olivier Faure, le premier secrétaire du PS (à gauche), sur le plateau de France 2, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) le 17 mai 2018.
Marine Le Pen, présidente du FN (au centre), Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise (à droite) et Olivier Faure, le premier secrétaire du PS (à gauche), sur le plateau de France 2, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) le 17 mai 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

"Nous voulons une France où l'on peut vivre dignement de son travail." Emmanuel Macron a pris la parole, lundi 10 décembre, pour répondre aux "gilets jaunes". Le chef de l'Etat a fait plusieurs annonces comme une hausse du smic de 100 euros, un retour de la défiscalisation des heures supplémentaires et une annulation de la hausse de la CSG pour les retraités qui gagnent moins de 2 000 euros par mois. Il a également écarté l'idée rétablir l'impôt sur la fortune. Des mesures qui n'ont pas convaincu ses opposants convaincus, à l'exception notable des Républicains.

>> REPLAY. "Gilets jaunes" : regardez en intégralité l'allocution d'Emmanuel Macron

Pour les "insoumis", il faut un "acte 5"

"Les paroles prononcées par le président sont vaines. (...) L'acte 5 qui se jouera samedi prochain sera un moment de grande mobilisation", a déclaré Jean-Luc Mélenchon. Pour le leader de la France insoumise, le président "se trompe d'époque". "Le président a pensé qu'une distribution de monnaie suffirait à calmer l'insurrection citoyenne en cours", a-t-il lancé.

Pour le Rassemblement national, "Macron recule pour mieux sauter"

La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a réagi sur Twitter peu après l'allocution du chef de l'Etat. Elle s'est félicitée qu'Emmanuel Macron revienne sur ses "errements fiscaux", mais a jugé qu'il reste "champion" du "modèle" de la "mondialisation sauvage".

 

 

Pour Les Républicains, c'est "une victoire pour les classes moyennes"

Guillaume Peltier, vice-président des Républicains, a de son côté affirmé qu'il n'était "pas déçu" par les annonces d'Emmanuel Macron. "Si nous nous plaçons du côté des Français, alors ce soir il y a une victoire pour les classes moyennes, pour les territoires", a-t-il déclaré, annonçant qu'il "votera pour" l'adaptation de ces mesures à l'Assemblée.

 

Pour le Parti socialiste, "le cap n'est pas modifié"

Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a réagi sur France 2, dénonçant l'inflexibilité d'Emmanuel Macron. "Le cap n'est pas modifié (...) Le nouveau monde, c'est quand même 'Retour vers le futur'", a-t-il ironisé. 

 

 
 
 
 
 
 
 

 

Pour Génération-s, le président a "trop peu" bougé

Benoît Hamin, l'ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle de 2017, a réagi sur Twitter. "La lutte paye. Macron a bougé. Un peu. Trop peu. Car le compte n'y est pas, a-t-il écrit. On attendait un geste fort pour mettre à contribution, les banques, les entreprises polluantes, les grands actionnaires pour financer la transition écologique. Rien.". Le leader de Génération-s a également cité François Mitterrand pour faire part de sa déception, condamnant les violences policières.

 

Pour le Parti communiste, "le président des riches vacille"

Fabien Roussel, le chef de file du Parti communiste, a salué une "première victoire" pour les retraités. Mais une victoire insuffisante à ses yeux. "Le président des riches vacille mais les riches restent ses protégés", a-t-il poursuivi. "La hausse du smic sera payée par nous ! Rien pour les petites retraites, rien pour les minima sociaux, rien pour les agents de nos services publics !", a-t-il ajouté.

 

Pour la CGT, "le président de la République n'a rien compris"

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, n'a pas du tout été convaincu par le discours d'Emmanuel Macron. "C'est très loin de ce que nous demandions et il ne précise pas qui va payer", a-t-il déclaré sur franceinfo. "On épargne encore et toujours plus ceux qui ont beaucoup, énormément d'argent, en refusant de revenir sur la fiscalité et notamment sur l'impôt sur la fortune", a-t-il ajouté, appelant à une mobilisation vendredi 14 décembre conjointement aux "gilets jaunes".

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 05:28
"Gilets jaunes" : Jean-Luc Mélenchon appelle à un "acte V" après l'allocution de Macron
VIDÉO. "Gilets jaunes" : Jean-Luc Mélenchon appelle à un "acte V" après l'allocution de Macron
 

Pas convaincu par les annonces du chef de l'État, le leader de La France insoumise a estimé que "'l'acte V' qui se jouera samedi prochain sera un moment de grande mobilisation".

"Emmanuel Macron se trompe d'époque". Les annonces d'Emmanuel Macron pour répondre à la colère des "gilets jaunes" n'ont pas convaincu Jean-Luc Mélenchon.

 

Le leader de La France insoumise s'est exprimé ce lundi soir 10 décembre, immédiatement après l'allocution du chef de l'État.
 



"Il a commencé par gronder le peuple, sans dire un mot pour les victimes", a souligné le député des Bouches-du-Rhône. Emmanuel Macron a en effet commencé son discours en assurant que les violences des dernières semaines "ne bénéficie(raient) d'aucune indulgence". "À l'indignation du très grand nombre contre les inégalités, il a pensé qu'une distribution de monnaie pourrait calmer l'insurrection citoyenne", a-t-il poursuivi.
 

L'Insoumis a déploré qu'Emmanuel Macron refuse de revenir sur la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et que le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) "et son coût extravagant" soit conforté. "Aucune des revendications pour davantage de démocratie participative ne reçoit de réponse", a-t-il également regretté.

"Toutes les mesures qu'il a annoncé seront payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes", a-t-il par ailleurs fustigé. "L'exonération des heures supplémentaires sera payée soit par la Sécu, soit par l'État. L'augmentation du Smic sera payé forcément par l'impôt", a-t-il estimé.
 

"Voilà pourquoi je crois que 'l'acte V' qui se jouera samedi prochain, l''acte V' du début de la révolution citoyenne dans notre pays, sera un moment de grande mobilisation", a-t-il finalement conclu, tout en précisant que cette décision serait prise "par ceux qui sont dans l'action".

 

 

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11 décembre 2018 2 11 /12 /décembre /2018 05:24
"Gilets jaunes" : quand Macron désavoue ses ministres
"Gilets jaunes" : quand Macron désavoue ses ministres
De gauche à droite : Muriel Pénicaud, Bruno Le Maire, Marlène Schiappa (photomontage)
 

Annulation de la hausse de la CSG pour certains retraités, coup de pouce au Smic, fermeté sur la suppression de l'ISF... Le chef de l'État a multiplié lundi soir les annonces, contredisant parfois ses ministres.

Emmanuel Macron a tenté lundi soir 10 décembre de calmer la colère des "gilets jaunes", qu'il a jugée "juste à bien des égards", en annonçant une série de mesures sociales, notamment sur le Smic et les retraites.

 


 



Après avoir contredit son Premier ministre, en annonçant la semaine dernière la suppression de la hausse des taxes sur le carburant en 2019, alors qu'Édouard Philippe avait affirmé la veille qu'elles seraient simplement suspendues pour six mois, le chef de l'État a de nouveau mis en porte-à-faux certains membres de son gouvernement.

Bruno Le Maire sur la CSG

Le chef de l'État a annoncé lundi soir que les retraités touchant une retraite inférieure à 2.000 euros par mois ne subiraient plus la hausse de la CSG. Jusque-là, seuls les retraités gagnant moins de 1.200 euros environ étaient exemptés.

Or, dans la matinée, le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire avait rejeté cette idée(/BOLD]. "La hausse de la CSG c'est ce qui permet de financer l'augmentation du salaire net de tous ceux qui travaillent", avait-il argumenté au micro de RTL.

La mise au point de Muriel Pénicaud sur le Smic

"Le salaire d'un travailleur au Smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu'il en coûte un euro de plus pour l'employeur", a assuré le chef de l'État dans son allocution. Une déclaration qui semblait à première vue contredire les affirmations de sa ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui avait exclu la veille un "coup de pouce" au Smic au-delà de la hausse de 1,8% attendue en janvier, expliquant que cela "détruirait des emplois".

En réalité, l'augmentation annoncée par Emmanuel Macron "inclut la revalorisation du Smic qui est déjà prévue, le reste ça va être la solidarité, ça va être le budget de l'État qui va permettre de compléter ces salaires sans avoir une charge supplémentaire pour les entreprises, notamment les petites, qui risqueraient de supprimer de l'emploi", a précisé Mme Pénicaud, interrogée sur France 2.

L'ISF et la fausse note de Marlène Schiappa et Benjamin Griveaux

Alors que les "gilets jaunes" réclament le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), Emmanuel Macron a répété lundi soir qu'il n'en serait rien. La semaine dernière, ce sujet avait donné lieu à plusieurs couacs au sein du gouvernement. La secrétaire d'État à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, s'était dit prête à proposer de "rétablir l'ISF" si les évaluations du nouveau dispositif qui le remplace (IFI) n'étaient pas concluantes.

"Ce sujet-là n'est pas sur la table", avait de son côté déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, demandant "18 à 24 mois pour que la mesure fasse son plein effet". Mais "si quelque chose ne marche pas, on n'est pas idiot, on va le changer", avait-il ajouté, entretenant l'ambiguïté. "Nous ne craignons pas ce débat. Il est nécessaire, il aura lieu", avait également promis Édouard Philippe devant les parlementaires, en s'en remettant au comité d'évaluation.

"Nous ne détricoterons rien de ce qui a été fait depuis dix-huit mois", avait finalement tranché le chef de l'Etat au cours du Conseil des ministres.

 

 
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8 décembre 2018 6 08 /12 /décembre /2018 17:59

Samedi 08 Décembre 2018 un avant gout de Noël au Centre Commercial Leclerc.

Noël
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8 décembre 2018 6 08 /12 /décembre /2018 12:24

Ce Samedi 08 Décembre 2018 le Marché de Noël se passe à la Salle Polyvalente d'Eppeville (Somme) de 10h00 à 19h00.

Entrée libre,Idées cadeaux, Déco de Noël, Vin chaud et crèpes.

Marché de Noël
Marché de Noël
Marché de Noël
Marché de Noël
Marché de Noël
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8 décembre 2018 6 08 /12 /décembre /2018 05:45
"Gilets jaunes" : entre radicalisation et modération

Face au spectre de la violence, de plus en plus de "gilets jaunes" disent ne pas vouloir monter à Paris samedi 8 décembre. Certains appellent même au calme, même s'ils restent déterminés.

 

Partout en France, la mobilisation des "gilets jaunes" reste forte. Et elle promet de l'être tout autant ce week-end. Mais sous quelle forme ? Agir en région ou monter à Paris samedi 8 décembre ? C'est le dilemme des "gilets jaunes". "On n'incite pas y aller. On pense savoir comment ça va se passer. Il est hors de question que ça casse, on n'est pas du tout dans ce mouvement-là", confie au micro de France 3 un "gilet jaune".

Une tendance se dessine

Au fil des discussions, à Vesoul (Haute-Saône), une tendance majoritaire semble se dessiner : pas question que le mouvement soit entaché par une nouvelle explosion de violences.

En dépit des risques, quelques-uns veulent tout de même se faire entendre à Paris. "C'est trop tard maintenant. Les salaires n'augmentent plus, les retraites baissent et ils mettent des taxes", déplore un retraité bordelais. Six représentants des "gilets jaunes" sont reçus ce vendredi soir à Matignon. Ils appellent pour leur part à ne pas manifester à Paris.

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Présentation

  • : Le blog de Zuwala Richard
  • : Prévention et santé.Insertion de personnes en détresse sociale. Intervenant sur les problèmes d'addictologie.(alcool, drogue) Photographe amateur. Membre du bureau départemental et national fédération UDI de la Somme Président de la Croix Rouge locale de Ham (80) J'ai écrit un livre paru en 2005 *Une Vie Autre et Nouvelle* édité par la Société des Écrivains. Président de la Croix Rouge de Ham (Somme) Membre du Conseil d'Administration Alcool Assistance (Somme) Secrétaire adjoint du bureau départemental de la Somme Membre du CCAS de HAM Somme
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